07/12/2009

De Dom Pérignon à Bollinger ...

champagne

Dans «Moonraker», «Octopussy»... James Bond apprécie la compagnie des femmes... et du champagne. Et dans la vraie vie ?

Roger Moore - Oui, j'aime le champagne. Il y a deux ans, à Phnom Penh, je rendais visite au roi du Cambodge pour l'Unicef. A 11 heures du matin, le roi s'est exclamé : «Maintenant, c'est l'heure du champagne !» Cela a beaucoup plu à ma femme. Très surpris, j'ai dit : «C'est la bonne heure, bien sûr !»

L'espion de Sa Très Gracieuse Majesté n'a jamais bu autant de champagne que lorsque vous interprétiez le rôle !

J'ai succédé à Sean Connery, qui buvait beaucoup de Martini. Mon James Bond appréciait davantage le champagne. Invariablement Dom Pérignon et Bollinger.

Votre secret pour séduire Miss Moneypenny, la secrétaire de M, le patron de 007 ?

La meilleure manière de charmer une femme est de l'inviter à dîner. Ce sont les bonnes manières qui la séduisent. Le champagne est un plus.

Le champagne vous a-t-il accompagné dans d'autres séries ?

J'ai bu encore plus de champagne avec mon acolyte Tony Curtis dans Amicalement vôtre ! Ça ne se voit peut-être pas à l'écran, mais on faisait sauter le bouchon encore plus souvent et l'on riait beaucoup ensemble.

Quels sont vos goûts aujourd'hui ?

J'ai vraiment commencé à apprécier le vin en 1960, en Italie. Avant cela, je n'étais pas un grand amateur. Aujourd'hui, j'aime à la fois les rouges et les blancs, mais comme ma femme est allergique aux rouges et au cépage blanc chardonnay, nous buvons des blancs de sauvignon. On est très mordus de sancerre.

Si je comprends bien, vous aimez les blancs de la Vallée de la Loire...

Il y a deux ans, avec mon ami Michael Caine, on a pris la voiture et l'on est parti faire la route des vins des châteaux de la Loire. On a testé plein de restaurants et goûté beaucoup de vins. On a adoré le vouvray pétillant. J'habite Monaco et je regrette que les cartes des vins des restaurants soient si pauvres en vins de Loire. Les vins italiens se sont imposés.

Vous qui avez beaucoup voyagé, quels autres vins affectionnez-vous ?

Les blancs de pinot gris de la Vallée d'Aoste, en Italie, mais aussi les vins australiens ou de Cloudy Bay en Nouvelle-Zélande. J'ai un coup de cœur pour les vins californiens, surtout depuis qu'en 1976 j'ai bu un cabernet sauvignon pour la première fois. J'achète aussi des vins chiliens et des vins d'Afrique du Sud, qui se sont beaucoup améliorés.

Comment avez-vous été initié au vin ?

Michael Caine et moi avons commencé dans le cadre d'un club de vin à Monaco, animé par le producteur Olivier Ott des domaines Ott, en Provence. Je venais de m'installer en France, c'était dans les années 70.

Une anecdote autour du vin ?

A propos du mot français « pourboire ». Un jour, Steve Martin et Michael Caine ont loué une maison voisine de la mienne pour les besoins d'un tournage dans le sud de la France. Nous nous sommes fait livrer du vin. L'un d'entre nous a donné un billet au livreur. Il semblait très surpris. Et Michael Caine a dit : « C'est pourboire ! » Et le livreur a répondu qu'étant vigneron, il n'en avait pas besoin. Nous avons beaucoup ri.

Vos goûts ont-ils changé ?

Avec ma femme, Christina, du printemps à l'automne, nous buvons du sancerre. Mais pendant la saison hivernale, nous vivons dans la station de Crans-Montana dans le Valais, le plus grand vignoble de Suisse, qui produit un blanc que nous adorons, le fendant (chasselas). J'ai des goûts très catholiques !

Avec quels plats français aimez-vous boire un verre de vin ?

J'adore la bouillabaisse avec le Clos Mireille Blanc de blancs, un cru classé Côtes de Provence des domaines Ott. A de rares occasions, après un dîner, j'aime prendre un verre de Château d'Yquem. Après cela, je fais des rêves très sucrés... Je ne l'accompagne jamais de foie gras, car je m'oppose au gavage des oies, terriblement cruel. Je milite pour la protection des animaux.

Vous aidez la cause des enfants également...

Je suis parrain de l'Unicef. Il y a dix-neuf ans, quand je me suis engagé, j'ai compris l'importance de cette organisation, la meilleure en faveur des enfants et de leur mère.

Votre livre «Amicalement vôtre» paru l'année dernière est un récit de vos meilleurs souvenirs d'acteur...

Je l'ai écrit, sur les conseils de ma femme, en trois mois, c'était épuisant. Je parle de ma carrière à Hollywood et à la télévision. Je raconte mes voyages autour du monde.

J'ai juste essayé d'être amusant. Après la parution de mon livre, mes amis le sont restés.

Le Figaro - 4 décembre 2009

Écrit par Marie-France Vienne | Lien permanent | Commentaires (0) |

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