21/06/2009

Festival de musique de chambre de Pernegg

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Posée sur un plateau bordé d’un cadre de verdure, l’église abbatiale de Pernegg est un havre de paix entre Rosenburg et son magnifique château Renaissance et Geras, écrin de douceur et de calme propice à la création artistique. Ce petit coin d’Autriche jouxtant la frontière tchèque est le théâtre, ou plutôt la scène, du festival de musique de chambre « Julian Rachlin presents » particulièrement prisé par les amateurs éclairés. Trois jours durant, Pernegg vit au rythme des coups d’archets de Julian Rachlin et de ses amis virtuoses Itamar Golan, Boris Andrianov, Aleksey Igudesman, Janine Jansen et la toute jeune Alexandra Soumm. Le festival, qui en est à sa quatrième édition, a une nouvelle fois accueilli Sir Roger Moore, mélomane averti et ami proche de Julian Rachlin. Les deux hommes ont noué une solide amitié il y a quelques années à Monaco et se retrouvent sur plusieurs festivals dans le monde où Sir Roger fait étalage de son don de narrateur exceptionnel.

 En mars de cette année, il a rejoint Julian Rachlin au quatrième festival de musique de chambre d’Eilat en Israël où il a récité un texte sur le « Carnaval des Animaux » de Camille Saint-Saëns. Le prix de sa prestation, 5.000 $, a été reversé à l’UNICEF en faveur d’un programme de lutte contre le SIDA au Swaziland.

Quelques heures avant la première soirée du festival, dimanche 7 juin, on se bouscule pour assister au vernissage d’une exposition unique consacrée aux artistes de Gugging. Grâce à la collectionneuse Hannah Rieger et à la Fondation privée GlobArt, les œuvres de Laila Vachtiar, Johann Fisher, Johann Hauser, Franz Kamlander, Franz Kernbeis, Fritz Koller, Johann Korec, Arnold Schmidt, Oswald Tschirtner et August Walla ont pu être rassemblées en un seul et même lieu.

 Les applaudissements retentissent dans l'église abbatiale avec, au programme, des œuvres de Beethoven, Mendelssohn et Chostakovitch interprétées par Itamar Golan au piano, Julian Rachlin au violon et Boris Andrianov au violoncelle.

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Les artistes, Sir Roger Moore, son épouse Lady Kristina et sa fille Christina ont ensuite rallié Geras pour partager un dîner de gala en faveur de l’UNICEF. Un immense et succulent buffet attendait tous les convives dans la salle de restaurant du Kunst & Kultur Seminar Hotel, un ancien silo à grains entièrement rénové avec goût.

 La complicité entre Sir Roger et Julian Rachlin est palpable. C’est la rencontre de deux artistes aux talents multiples, animés par les mêmes élans de générosité. Que ce soit pour leur public respectif ou en faveur de l’UNICEF sous l’auspice duquel se déroule ce dîner. C’est un symbole en forme de future passation de pouvoir auquel nous avons pu assister lorsque Sir Roger a ôté son pin’s d’Ambassadeur auprès de l’UNICEF pour le remettre à son ami. Une façon de l’adouber officiellement.

 A l’issue du repas, une mise aux enchères d’une photo dédicacée par Roger Moore et Tony Curtis – le célèbre générique de John Barry résonne dans les têtes – et d’un magnum de vin est organisée en faveur de l’UNICEF. Des enfants passent également avec une grande coupe de verre afin de récolter des fonds auprès des convives. Une soirée qui aura recueilli la coquette somme de 6.475 EUR.

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Le lendemain, les festivités se déplacèrent dans le restaurant qui fait face au château de Rosenburg. Sir Roger Moore et Julian Rachlin, côte à côte, accordèrent une interview à Ursula Magnes, journaliste spécialiste de musique classique. A l’issue de cette interview, Sir Roger se prêta avec plaisir à une petite séance de dédicaces de son autobiographie.

La seconde soirée du festival voit une nouvelle prestation de choix de Boris Andrianov, qui interprète une suite pour  violoncelle de Ernst Krenek. Julian Rachlin et Itamar Golan nous offrirent, quant à eux, une sonate pour violon et piano op. 78 de Brahms.

Le festival s’acheva en forme d’apothéose : Janine Jansen et Itamar Golan nous emmenèrent en duo au fil de la Suite Italienne pour violon et piano de Stravinsky. Une prestation suivie d’un quintette pour piano, deux violons et un violoncelle de César Franck. Après la pause, ce fut au tour de Sir Roger d’entrer en scène pour des moments d’émotions et bien sûr … d’humour. Assis face au public, il récita des petits poèmes écrits par le facétieux Aleksey Igudesman, entrecoupés de musiques issues du monde. La Curacacha, Tango Sin Nombre, My Bonnie flies over the Ocean, Danny Boy, Irish Strew in the Morning, Tucuman Y Callao, Richard Won’t Like It !,  In The Woods accompagnèrent des textes drôles (Cats and Pigs, My Love for You is Like a 3 Day Flu, My Brain has just Exploded) ou plus profonds (Your Soul, On My Way). Les changements d’intonations et les mimiques de Sir Roger ravirent un public conquis.

Il était écrit que l’épilogue serait spécial. Il le fût avec l’entrée de jeunes violonistes en herbe encadrés par leur professeur et sous le regard bienveillant de leurs aînés. Il y avait un mélange d’émotion et de joie à voir et écouter jouer sur la même scène plusieurs générations de talents. L’ensemble des prestations de cette soirée, mais aussi des deux autres, méritait bien la très longue standing ovation en guise de remerciement et les salves d’applaudissements qui s’envolèrent vers le chœur.

Le site du festival sur Rachlin Presents

Photos : Philippe Heidet

Écrit par Marie-France Vienne | Lien permanent | Commentaires (1) |

Commentaires

Dear Sir,
As a great admirator of your movies, I had yesterday the immense opportunity to hear you in the "Carnaval des animaux sauvages" of Camille Saint Saens. It was a fantastic moment of english lesson and diction.
Would you be so kind to tell me if this concert with lituanian musicians is available in DVD format and where.
Thank you in advance and be sure of my gratefull admiration

Écrit par : Bernard Henriet | 13/04/2010

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