30/11/2008

Roger Moore à Hong-Kong

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Après New-York, l'Australie et la Nouvelle-Zélande, Roger Moore est actuellement à Hong-Kong où il fait la joie de milliers d'admirateurs venus en nombre pour se voir dédicacer son autobiographie.

Roger Moore en a profité pour vanter les qualités de Daniel Craig, le nouvel interprète de l'agent 007. Selon lui, le comédien apporte une nouvelle dimension au personnage. Roger Moore a dit que la participation de Craig aux films "Munich", un thriller politique de Steven Spielberg tourné en 2005, et "Sylvia" (2003), dans lequel il jouait le poète Ted Hughes, avaient contribué à façonner un tout nouveau style de James Bond. Ces rôles étaient très différents de ce qu'on peut s'imaginer de l'agent 007, a dit Moore. Ce dernier a d'ailleurs ajouté que la performance de Craig dans "Casino Royale" était extraordinaire.

Roger Moorea dit avoir rencontré Craig pour la première fois lors d'un événement récent qui avait pour but de rendre hommage au regretté Ian Flemming, le créateur de James Bond.

Photo © AP

Écrit par Marie-France Vienne | Lien permanent | Commentaires (2) |

26/11/2008

Une vie d'acteur

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Issu d’une famille modeste, Roger Moore (né en 1927) a gravi les échelons tout seul. Un parcours hors du commun pour quelqu’un de commun, semble nous dire, à travers cette autobiographie tout à fait singulière, l’acteur britannique.

Après une enfance des plus banales, le fils unique au physique avantageux décide de devenir acteur après qu’il a fréquenté assidûment le cinéma de son quartier et admiré les plus grands comédiens de l’époque. Après quelques figurations et publicités pour les magazines, il est vite repéré pour son charisme et son charme dévastateur. Son premier rôle significatif arrive en 1954 dans "La Dernière fois que j’ai vu Paris" de Richard Brooks avec Elizabeth Taylor et Van Johnson. Excusez du peu ! Il enchaîne les seconds rôles avant de "triompher" dans la série télévisée "Ivanhoé" en 1958. Forcément, les producteurs de télévision se l’arrachent et l’acteur accepte des projets comme "Maverick", "Le Saint" (durant sept saisons, de 1962 à 1968) puis "Amicalement" vôtre avec Tony Curtis au début des années 70.

Sa carrière semble faite et limitée aux séries télé de plus ou moins bonne qualité, jusqu’à ce que les producteurs de "James Bond" lui proposent le rôle de l’agent secret britannique, délaissé par Sean Connery. A 44 ans, Roger Moore commence sa véritable carrière cinématographique en endossant le costume de James Bond à sept reprises, de 1973 à 1985. Bien évidemment, ce rôle mythique fait monter sa côte et les projets s’enchaînent avec une rapidité déconcertante : durant ces treize années, il tourne pas moins de 19 films parmi lesquels "Gold" (1974), "Les Oies sauvages" (1978) ou encore "Le Commando de sa Majesté" (1980). Parallèlement à sa carrière d’agent secret pour le cinéma, il tourne dans des films d’aventure ou de guerre typiques de l’époque, que tout le monde ou presque a oubliés aujourd’hui ! Il faut dire que ces films sont réservés aux seuls amateurs de l’acteur ! Entre la série B et la série Z, Moore campe des personnages d’aventuriers, de commerciaux ou encore de mercenaires aux prises avec des dictatures militaires, des conflits financiers et autres prétextes à l’aventure. L’Afrique, l’Amérique du Sud sont les principaux continents où se déroule l’action.

Curieusement, Moore n’a tourné dans aucun chef d’œuvre du septième art, si l’on oublie ses apparitions durant sa jeunesse dans deux ou trois films majeurs. De cela, il ne dit rien, ne regrettant rien. Du coup, le lecteur assiste, durant près de 400 pages, à la carrière de l’acteur, où s’accumule une série d’anecdotes souvent sympathiques. On y voit un acteur doué, enthousiaste, mais conscient de ses origines modestes, jamais colérique et tentant de faire son métier le plus simplement possible. Le succès aidant, il a connu la gloire, les femmes et l’argent, au point de séjourner dans les hôtels le plus luxueux du monde et de commettre quelques caprices de star, notamment gastronomiques, James Bond aimant plus que tout la bonne chair ! Mis à part cela, Moore le modeste ne parle que très peu de lui, s’attachant à décrire ses partenaires de scènes, les producteurs ainsi que les réalisateurs de ses films. C’est donc un panorama global du cinéma américain et européen que l’on découvre, où, curieusement et à part deux ou trois noms très connus, on s’intéresse à bon nombre de personnalités au final restées dans l’ombre ou totalement oubliées.

Que retient Moore de ces tournages ? Et bien pas grand-chose sur l’esthétique du cinéma ou encore sur telle ou telle portée d’un film mais plutôt les bêtises qu’il faisait entre deux prises, les farces à ses collègues, ses accidents lors de scènes à risques, ou encore ses maladies à répétitions, qui l’empêchèrent souvent de faire un film en bonne condition. Et qui dit tournages, dit voyages, et rencontres, notamment féminines, mais là encore Moore reste évasif ou elliptique, sans cacher tout de même son inclination pour la gent féminine ! Restent quatre mariages, des enfants, puis, après "Dangereusement" Vôtre en 1985, une carrière qui s’essouffle littéralement avec des navets improbables, de Jean-Claude Van Damme ou des Spice Girls ! Un exemple sidérant de la loi du marché : la carrière cinématographique de l’acteur n’a réellement existé qu’entre le premier et le dernier "James Bond" qu’il ait fait!

C’est ensuite son engagement auprès de l’UNICEF en tant qu’ambassadeur qui le conduira une fois de plus à voyager et à s’intéresser aux problèmes majeurs de l’enfance dans les pays en voie de développement et autres dictatures militaires. Là aussi, problème d’interprétation : il raconte visiter des camps de réfugiés, des hôpitaux appauvris ou encore des bidonvilles, pour se retrouver le soir en compagnie des présidents et des ministres des pays respectifs autour d’un bon dîner… Si l’engagement de l’acteur semble sincère, il ne dit strictement rien de négatif sur ses homologues politiques, sauf pour dénoncer une injustice généralisée.

Hormis ces précisions, voici un livre tout à fait sérieux, fourni, détaillé, complet, et souvent amusant. Moore est un rigolo, pas très loin des personnages qu’il a incarnés, et dont l’humour pince sans rire n’est jamais de trop. Un type subtil qui aime la vie et qui s’est servi de son métier à des fins toujours identiques : l’argent, tout d’abord, puis les rencontres et le plaisir de tourner. L’amitié avec des collègues puis le bonheur de se retrouver devant un bon plat entre amis. Un homme finalement simple, ce Roger Moore.

© Jean-Laurent Glémin @ parutions.com - 26 novembre 2008

Et je ne peux donc que vous recommander à nouveau la lecture de "Amicalement Vôtre" aux Editions de l'Archipel, 371 pages - 22 euros.

Écrit par Marie-France Vienne | Lien permanent | Commentaires (0) |

24/11/2008

Parlez-nous de Moore

ellemagazine

A la perspective d’un tête-à-tête avec l’inoubliable Lord Brett Sinclair, on est pour le moins émue ! Dans une suite de l’hôtel Fouquet’s, devant lequel figurera bientôt, comme à Hollywood, une plaque gravée au nom de Roger Moore, l’agent artistique de l’acteur britannique nous prévient : "Ne l’interrogez pas sur ses conquêtes féminines, car son épouse sera là... ". La jolie Kristina, quatrième lady Moore, confirme bientôt : "Ne croyez pas un mot de ce qu’il vous raconte, il passe son temps à plaisanter ! ".

De fait, les anecdotes croustillantes sur Liz Taylor, Lana Turner, Grace Kelly, mais aussi Cary Grant et Frank Sinatra constellent les Mémoires savoureux d’un comédien qui se découvre, à 80 ans passés, une vocation d’écrivain. Avec son rôle de Simon Templar dans "Le Saint", l’acteur avait su deviner l’impact des séries télé. Au cinéma, c’est l’agent 007 qui a marqué les esprits ; beau joueur, il qualifie sans réserve d'"excellent" Daniel Craig, l’actuel James Bond. Quant à Tony Curtis, son partenaire dans "Amicalement vôtre", leur rivalité a évolué en une relation toute... amicale : "Nous nous sommes vus à Londres il y a trois jours !" Décoré commandeur de l’ordre des Arts et des Lettres par Christine Albanel, Roger Moore resplendit d’humour et de séduction. Quel tombeur !

© Elle France - Novembre 2008

Écrit par Marie-France Vienne | Lien permanent | Commentaires (1) |

22/11/2008

Télé 7 Jours sur les traces du Saint

rmoore

Si vous n'aviez pas incarné James Bond, quel genre de héros auriez-vous rêvé d'être ?

Lawrence d'Arabie. Je suis toujours jaloux de Peter O'Toole dans ce rôle ! J'aurais également adoré jouer les capitaines courageux comme Errol Flynn dans "La charge de la brigade légère" ou "Les aventures de Robin des Bois".

Vous êtes-vous déjà comporté comme James Bond dans la vraie vie ?

Il faudrait être un peu fêlé, non ? A part siroter du Martini Dry et serrer quelques jolies filles dans ses bras, Bond ne sait pas faire grand-chose.

(...)

Vous consulte-t-on, vous ou Sean Connery, sur les nouveaux Bond ?

C'est l'affaire de la famille Broccoli. Barbara, qui produit la série des James Bond depuis la mort de son père, Albert, n'a pas besoin de mon opinion. Mais il lui arrive de me consulter à titre amical. En 1985, je lui avais suggéré les noms de Timothy Dalton et Pierce Brosnan ...

Que pensez-vous du 007 actuel, Daniel Craig ?

Je n'ai pas vu "Quantum Of Solace", mais je trouve que Daniel dégage quelque chose d'animal qui rappelle plus Sean que moi-même, non ?

On a parlé d'une adaptation cinéma d'"Amicalement Vôtre". Le projet reste-t-il d'actualité ?

Aux dernières nouvelles, c'est dans un placard ! Il a été question de Steve Coogan ou de Hugh Grant dans le rôle de Lord Brett Sinclair, et de Ben Stiller ou George Clooney dans celui de Danny Wilde. Je crois que tout est parti aux oubliettes.

Vous étiez coproducteur de la série "Le Saint", dont l'adaptation au cinéma avec Val Kilmer, en 1997, était une catastrophe. Avez-vous eu votre mot à dire ?

Eh non, parce que je n'ai pas été consulté sur le scénario. Après la sortie, Val est venu me voir et m'a dit : "c'est tellement dommage. Je viens seulement de lire les romans du 'Saint' et il y avait tant de bonnes histoires".

"Le Saint" ne ressuscitera donc jamais ?

Si. Mon fils, Geoffrey Moore, prépare une nouvelle version télévisée pour 2009 (avec Barry Levinson, qui a produit les séries "Oz" et "Homicide" - ndlr).

On dit que, sur le tournage de "Dangereusement Vôtre", Grace Jones vous horripilait tellement avec son hard-rock à plein volume que vous avez fracassé une chaise dans sa loge ?

C'est à peu près cela (sourire). Mais connaissez-vous la suite ?

Non ...

Eh bien, j'avais oublié que nous devions tourner une scène d'amour le lendemain. Quand je me suis glissé dans le lit, Grace m'a fait un grand sourire. Puis j'ai senti quelque chose de dur qui descendait le long de mon dos. Elle avait caché un sextoy géant sous les draps. Pendant toute la scène, elle s'est amusée à ma terroriser. Il était temps que je prenne ma retraite.

© Télé 7 Jours - 22 au 28 novembre 2008

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15/11/2008

Un amour de Moore

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La semaine dernière, la ministre de la Culture a fait commandeur quelqu'un qui l'était déjà. Ce qui n'a pas pour autant entaché le plaisir du récipiendaire, Roger Moore, qui incarna à l'écran le commandeur Bond sept fois, de 1973 à 1985. Il a même confié à Christine Albanel que les Arts et les Lettres représentaient « plus pour [lui] que de remporter un oscar ». James a toujours su parler aux femmes. Sept fois 007 : les amateurs de numérologie verront peut-être là l'explication de la santé féline de cet homme à l'élégance racée, en visite à Paris cravaté de rose pour la promotion de ses Mémoires. Précis et croustillants. Drôles et libres.

Où l'on découvre notamment l'envers du mythe James Bond. Les gadgets de l'agent secret ? Ils ne fonctionnaient jamais. Tenez, la scène de « Vivre et laisser mourir » où James, à l'aide de sa montre aimantée, fait glisser la fermeture de la robe de Miss Caruso, en murmurant, très brushingué : « J'ai un tel magnétisme, chérie... » Eh bien, il fallut ajouter un fil de fer pour dénuder la dame, les capacités magnétiques de la montre s'étant montrées fort décevantes. Et le moment où Solitaire, dans le même film, se donne enfin à James : ils portaient sous les draps des chaussettes de football, parce qu'il faisait trop froid... Le rêve de servir secrètement Sa Majesté en prend un coup. Surtout quand on voit comment on traita l'acteur sur le tournage de « L'homme au pistolet d'or », en Thaïlande : « Un trou dans le sol figurait les toilettes et la douche, avec un seau à remplir en guise de chasse d'eau », raconte Moore. « Je racontais en plaisantant à Cubby [Albert Broccoli, le producteur de la série, NDLR] que je pouvais ainsi simultanément être accroupi au-dessus du trou, me brosser les dents, prendre ma douche et me raser. » En entendant en prime Christopher Lee, qui jouait Scaramanga, l'homme au troisième téton, chanter Carmen en s'enduisant de fond de teint parce qu'il était censé habiter Phuket et avoir l'air bronzé. Heureusement qu'il y avait, comme l'écrit Moore poétiquement, « cette mer d'un calme absolu et de temps en temps des poissons volants sautant par-dessus le bateau, tandis que nous voguions vers les petites îles surgies de l'eau tels des pénis marins ». Ça valait bien les Arts et les Lettres.

« El Santo ! »

Une dernière ? L'interprète de Requin, le méchant aux mâchoires d'acier de « L'espion qui m'aimait », souffrait de vertige. Lorsqu'on lui annonça qu'il devait marcher sur des échafaudages dans un temple égyptien, il blêmit : « J'ai déjà peur du haut de mes 2,18 mètres ! » Ah, ce qu'on s'amusait bien, en ces temps où James Bond n'affectait pas la froideur sépulcrale d'un veuf inconsolable et blond ! Mais Roger Moore ne fut pas seulement le meilleur des James Bond (si, si), ce fut aussi le Saint et le Brett Sinclair d'« Amicalement vôtre ». Et là aussi, ça dépote côté révélations : sur Tony Curtis, arrêté pour possession de cannabis dès le premier jour de tournage. Et qui méprisa ouvertement la télévision jusqu'au jour où un déluge de touristes espagnols, reconnaissant Roger Moore à Monte-Carlo, s'abattit sur lui en criant « El Santo ! El Santo ! » Evoquera t-on aussi les dîners fins d'Errol Flynn, pimentés par la présence d'un dénommé « OK Freddy » très outillé ? Non, pas ici.

Bref, il y a là du scoop-l'invincible James Bond est obsédé par la maladie et n'aime pas les armes à feu-et de la bonne humeur. A l'image de cet amour de Moore, d'une courtoisie toute britannique. On ne lui en veut que sur deux points : prétendre qu'il n'a pas vu « Quantum of Solace » et qu'il abhorre le foie gras. Pour le reste, quelqu'un qui remercie son proctologue à la fin d'un livre ne peut être qu'un type bien.

© Le Point - 13 novembre 2008

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