19/08/2007

James Bond for ever

roger121


"Le Saint" et "Amicalement Vôtre" feront l'objet d'une rediffusion à la rentrée sur la chaîne allemande "Das Vierte". L'occasion rêvée pour les médias d'outre-Rhin pour aller à la rencontre de James Bond himself. Roger Moore s'est bien entendu prêté de bonne grâce à l'exercice de l'interview dont il maîtrise toutes les ficelles de l'humour. L'entretien a été réalisé à Monaco, là où, chaque année, il prend ses quartiers d'été avec son épouse.

Voici quelques morceaux choisis:

Question: Aimez-vous parler de vous ?

Roger Moore: Oui, mais cela ne vous dérange pas si je vous mens à chaque fois ?

Q: Vous plaisantez ?

RM: Oui, ça me vient de ces folles années quand je devais accorder 10 à 15 interviews d'affilée. Tout le monde me posait les mêmes questions. Cela me fatiguait tellement que j'avais décidé de répondre de façon différente à chaque fois. Cela rendait l'exercice plus amusant.

Q: "Le Saint" et "Amicalement Vôtre feront l'objet d'une rediffusion en septembre et en "prime time". Cela vous fait-il plaisir ?

RM: C'est fantastique, cela fait partie de l'histoire de la télévision. J'espère que les jeunes s'enthousiasmeront pour ces séries. Et j'espère que le public respectera le fait que ces deux séries ont été tournées voilà environ quarante ans. De ce point de vue, c'est extrêmement intéressant. Regardez la mode des années 60', les jupes et les jambes des filles à l'époque.

Q: Les années 60' étaient-elles meilleures ?

RM: C'est une bonne question. Chaque génération a l'habitude de penser que c'était mieux avant. Je constate quand même le fait que les jeunes se comportaient vraiment mieux qu'à l'heure actuelle.

Q: Cela signifie-t-il que le gentleman Sir Roger Moore regrette le comportement des jeunes d'aujourd'hui ?

RM: Tout à fait. C'est comme si les bonnes manières et la politesse avaient complètement disparu. Je ne sais pas pourquoi. C'est peut-être le fait que les préoccupations des gens ont changé. Dans les années 60' on ne parlait ni ne pensait au terrorisme.

(...)

Q: Vous avez en commun avec James Bond de vous sentir à l'aise partout dans le monde ...

RM: Oui, je sais. Mêmes habitudes. Je lui ressemble même !

Q: Vous avez tourné sept Bond entre 1972 et 1985. Etait-ce le meilleur moment de votre vie ?

RM: Mon comptable en est persuadé ! C'était une période merveilleuse que personne ne pourra m'enlever. Mais à la fin, je savais qu'il était temps de tourner la page.

Q: Les femmes, les fans. Comment réagissiez-vous à toute cette effervescence ?

RM: Cela pourrait sembler ennuyeux mais finalement on ne le remarque plus. On se concentre sur les films. J'appréciais le succès quand je pouvais m'attabler dans un restaurant devant un bon repas. Et cela n'a dailleurs pas changé. Par contre, se promener dans un centre commercial est plus compliqué, mais c'est la vie. Sinon, j'utilise un vieux truc: j'évite tout contact visuel quand je suis en public. Cela aide ! Mais jamais je ne refuserais de m'arrêter pour signer un autographe, poser pour une photo ou échanger quelques mots si l'on me reconnaît. Mais la dernière fois que c'est arrivé, c'était il y a environ un an (rire).

Q: Quelle est votre Bond girl favorite ?

RM: Vous me mettez dans l'embarras. Pour faire simple, je dirais Maud Adams, car elle a joué dans deux films.

Q: Et quelle place occupe Grace Jones ? Sur le tournage de "Dangeureusement Vôtre" elle avait apporté un jouet intime en plastic.

RM: Nous étions sous la couverture et j'ai senti tout à coup cette chose. Tout le monde a bien rigolé. Pas moi. D'ailleurs, qui a dit que c'était du plastic, qui sait si ce n'était pas réel (rire) ? Bon, en fait, je dois avouer que Grace Jones m'a un peu choqué.

(...)

Q: Vous intéressez-vous encore aux films bondiens ?

RM: Bien sûr. Je suis ami avec Michael G. Wilson et Barbara Broccoli. On peut parler d'une véritable famille bondienne très unie.

Q: Souhaiteriez-vous un rôle dans un James Bond ?

RM: Pourquoi pas, si c'est bien payé (rire) ? Et s'il y a un bon scénario. Je suis sur le marché. Je vous propose d'écrire ceci: Je ne suis pas à la retraite !

Photos: © Gert Krautbauer / Das Vierte
Interview: Frank Rauscher - Traduction libre: Marie-France Vienne 

Écrit par Marie-France Vienne | Lien permanent | Commentaires (2) |